Après un premier semestre marqué par la guerre en Iran et son impact sur le pétrole, les prix des matières premières et l’inflation, le reste de l’année 2026 mettra l’économie mondiale à rude épreuve, même si l’optimisme suscité par l’IA continue de stimuler la croissance. Les exportations énergétiques du golfe Persique étant toujours entravées, le second semestre sera loin d’être ennuyeux pour les marchés mondiaux.
Le rythme de la croissance mondiale ralentira, pour atteindre environ 2,8 % en 2026. La volatilité se poursuivra à mesure que les pressions inflationnistes se propageront de l’énergie vers les métaux, les engrais et les intrants industriels, poussant le taux d’inflation mondial jusqu’à environ 4,5 %. Voici à quoi s’attendre dans les pays clés.
L’économie américaine restera résiliente, protégée du pire choc pétrolier grâce à sa production nationale de pétrole et de gaz. La poursuite des dépenses en matière d’IA, de défense nationale et d’énergie servira à soutenir l’investissement des entreprises, maintenant la croissance du PIB autour de 2,1 %.
Mais les consommateurs ressentent la pression, alors que le taux d’épargne personnelle continue de diminuer, que l’inflation persiste et que le chômage de longue durée augmente. Un retrait des dépenses semble inévitable à un moment donné.
Les perspectives macroéconomiques de l’Europe évoluent vers une stagflation. Attendez-vous à une croissance de seulement 0,8 % dans la zone euro, alors que le choc énergétique frappe une économie manquant de réserves budgétaires. L’Allemagne aura du mal à atteindre une croissance supérieure à 0,7 %, car la hausse des coûts de l’énergie pèse lourdement sur son secteur industriel.
L’économie britannique passe à la vitesse inférieure, avec une croissance ralentissant à 0,9 % alors que l’inflation pèse sur les revenus.
L’Inde sera un acteur phare en Asie, même si la croissance sera modérée à 6,5 %.
La Chine va continuer de décélérer, ralentissant à 4,5 %, car le secteur immobilier reste un frein, même si la forte hausse des exportations de technologies vertes et liées à l’IA offre un point positif.
Le Japon est confronté à un délicat exercice d’équilibre, alors qu’il lutte contre la faiblesse du yen et l’inflation importée de l’étranger tout en soutenant une économie fragile qui ne devrait croître que de 0,4 %.
La croissance en Amérique latine sera confrontée aux difficultés liées à la baisse de la demande chinoise pour les exportations de matières premières de la région, au resserrement des conditions de prêt américaines et à la hausse des coûts du carburant.
Les taux d’intérêt ne baisseront probablement pas autant que les investisseurs l’espéraient cette année. Les banques centrales sont prises entre la hausse des taux d’inflation et le ralentissement du marché du travail. La Réserve fédérale est pour l’instant en attente, les attentes de baisse des taux s’étant évaporées, tandis que la Banque centrale européenne s’oriente vers une hausse isolée des taux en juin.
Enfin, gardez un œil sur les prêteurs privés américains. Des tensions apparaissent, notamment dans le domaine des prêts logiciels. Une crise financière systémique est peu probable, dans la mesure où les prêteurs du secteur ne sont pas aussi critiques pour le système financier que les plus grandes banques l’étaient lors de la crise hypothécaire de 2008. Pour le crédit privé, les pertes seront lentes pour les investisseurs. Cela pourrait atténuer l’ambiance exubérante à Wall Street plus tard cette année.
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