2026 sera une nouvelle année difficile pour les agriculteurs, marquée par des coûts de production élevés, une baisse des revenus agricoles, une dette croissante et une situation commerciale incertaine.
Le revenu agricole net tombera à 153,4 milliards de dollars, en baisse de 0,7 % par rapport à l’année dernière et de 15,7 % en dessous des sommets records observés en 2022. Les recettes monétaires pour les cultures et l’élevage diminueront toutes deux, reflétant le ralentissement des marchés des matières premières, qui sera compensé cette année par une aide gouvernementale accrue (en hausse de 45 % par rapport à 2025). Une exception : le bétail. La demande toujours élevée de viande de bœuf, associée au plus faible nombre de têtes de bétail depuis 1961, maintiendra les prix à un niveau élevé.
Pendant ce temps, les coûts de production atteindront un montant record de 478 milliards de dollars, avec une augmentation des impôts fonciers, des frais et des dépenses en électricité. Les aliments pour animaux, les carburants, les engrais et d’autres intrants agricoles fondamentaux ont reculé par rapport aux récents sommets, mais se sont stabilisés à des niveaux nettement plus élevés qu’avant la pandémie. La dette totale du secteur agricole augmentera pour atteindre 624,7 milliards de dollars. Soulignant les difficultés financières auxquelles sont confrontés les agriculteurs, une majorité prévoit d’utiliser l’aide gouvernementale accrue pour rembourser la dette au lieu de la dépenser pour leurs opérations.
Les prix des principales cultures sont inférieurs au seuil de rentabilité : environ 5 dollars le boisseau pour le maïs et 12 dollars le boisseau pour le soja. Les conditions météorologiques favorables résultant du début d’El Niño devraient maintenir la production à un niveau élevé et les prix à un niveau bas, mais une sécheresse persistante pourrait entraîner des complications. Au début de l’année, 32 % des superficies en maïs, 38 % des superficies en soja et 42 % des superficies en blé d’hiver étaient en proie à une sorte de sécheresse, ce qui pourrait poser un problème pour les semis si cette situation perdurait jusqu’au printemps.
Les perspectives commerciales dépendront de la Cour suprême, qui s’apprête à se prononcer sur l’autorité douanière du président. Les agriculteurs apprécieraient une réduction de ces droits, qui ont augmenté le coût des intrants agricoles et nui à la compétitivité des exportations américaines. Mais même si la Cour suprême des États-Unis se prononçait contre le gouvernement actuel, il est difficile de savoir avec quelle rapidité les exportations américaines reprendraient. De nombreux partenaires commerciaux de longue date regardent ailleurs. La Chine, par exemple, a recommencé à acheter du soja brésilien après avoir atteint un quota de 12 millions de tonnes convenu dans le cadre d’une trêve commerciale avec les États-Unis.
Pour l’instant, on s’attend à ce que le déficit commercial agricole se réduise légèrement cette année à 37 milliards de dollars, contre 43,7 milliards de dollars auparavant, avec une diminution des exportations et des importations.
Le résultat sera un mélange de prix alimentaires. Le ministère de l’Agriculture prévoit une augmentation globale de 3,0 % (1,7 % pour les aliments consommés à la maison, 4,6 % pour les aliments consommés à l’extérieur).
Les consommateurs bénéficieront de la baisse des prix des produits de première nécessité comme les œufs (-22,2 %) dans le cadre de l’amélioration de la lutte contre la propagation de la grippe aviaire. Les prix des produits laitiers et du porc devraient également baisser légèrement, tandis que ceux de la volaille (0,2 %), des fruits frais (0,2 %) et des légumes (2,0 %) connaîtront de légères hausses. En revanche, le prix de la viande bovine augmentera de 9,4 %. Le sucre et les sucreries connaîtront une augmentation de 6,7 %.
En savoir plus
- À quoi s’attendre de l’économie mondiale cette année
- Une autre année difficile pour l’agriculture
- L’économie américaine va prendre de l’ampleur cette année